📝 Description
Au début du Ve siècle, l’Empire romain n’a déjà plus grand-chose de romain. Pour défendre ce qu’il peut encore contrôler, il installe certains peuples « barbares » comme alliés. En 443, le général Aetius fixe ainsi les Burgondes en Sapaudia, un vaste territoire allant du Léman à la Savoie. Depuis cette base, les Burgondes s’étendent progressivement vers le sud, jusqu’aux portes de la Provence.
À l’est, ce sont les Ostrogoths qui prennent l’avantage à partir de 488 en s’installant en Italie. Entre ces deux puissances germaniques, notre vallée se retrouve littéralement en zone frontière, sans qu’il soit vraiment possible de dire qui, des Burgondes ou des Ostrogoths, exerçait une influence réelle sur La Grave.
Pendant ce temps, au nord, une autre force monte : les Francs. Leur chef Clovis, après sa conversion au christianisme, entreprend de rallier la Gaule sous sa domination. Il affronte d’abord les tribus qu’il juge païennes, dont les Burgondes. Dès 500, il les bat, mais sans annexer leur royaume. Ce n’est qu’en 534 que les fils de Clovis se partagent définitivement le royaume burgonde, qui disparaît alors en tant qu’État.
À partir de ce moment, La Grave entre dans le regnum Francorum, intégrée dans la vaste subdivision que l’on appelle alors le « Royaume de Bourgogne » (534-843). La christianisation commence à pénétrer les montagnes, mais probablement lentement : les villages sont clairsemés, l’accès difficile, et l’encadrement religieux encore très léger.
C’est une période de transition profonde, où les derniers restes du monde romain s’effacent au profit d’un nouvel ordre politique et religieux – mais dans nos vallées, cette mutation a dû se sentir tardivement, presque en sourdine.