📝 Description
Au tournant du Moyen Âge central, La Grave apparaît enfin clairement dans les textes. Le premier document qui mentionne nos communautés chrétiennes est le cartulaire de l’abbaye d’Oulx, daté de 1105. On y parle des Arenas Inferiores (La Grave) et des Arenas Superiores (Villar-d’Arêne), deux paroisses qui dépendent alors de cette puissante institution religieuse de la vallée de Suse.
À cette époque s’élève déjà ce qui reste aujourd’hui le plus ancien monument de toute la haute vallée de la Romanche : l’église romane de La Grave. Construite entre le XIᵉ et le début du XIIᵉ siècle, elle porte clairement l’influence de l’art roman lombard, un style venu de l’autre côté des Alpes et largement diffusé dans la région à partir du Moyen Âge. Sa silhouette massive, son clocher carré et son décor sobre témoignent d’un lien direct avec cet art alpin si particulier.
Le document de 1105, où La Grave apparaît sous la forme Atque de Arenas, est lié à une donation du comte d’Albon, Guigues VIII – celui qui porte déjà le titre de Dauphin. Ce texte confirme l’importance des liens religieux entre notre vallée et Oulx, qui exerçait alors une véritable autorité spirituelle sur le secteur.
Un peu plus tard, la révision des feux de 1335 – un recensement fiscal – fournit la liste précise de tous les hameaux et villages dépendant de La Grave. On y voit à quel point la communauté était déjà structurée et dispersée sur les pentes, et à quel point les Traverses ont toujours été très peuplées.