📝 Description
Quand Rome atteint nos montagnes, les Ucènes sont encore bien établis dans la vallée. Nous savons qu’en –6 les Ucènes étaient conquis, car leur nom figure sur le Trophée des Alpes, un monument antique qui liste toutes les tribus gauloises soumises. Grâce à leur territoire isolé, ils font sans doute partie des derniers peuples alpins à être intégrés à l’Empire.
La région de Mizoën, comme le reste de l’Oisans, se retrouve intégrée au monde romain. La population locale évolue peu sur le fond : depuis environ 2 500 ans, ces vallées restent le produit du mélange entre cultures ligures et celtes. Les noms de lieux, les usages agricoles, les chemins de passage gardent la marque de cet héritage.
Mizoen serait peut être le village nommé Melossedo ou Metrosedon sur la table de Peutinger, même si certains pensent qu’il s’agit du Mont-de-Lans. La route romaine devait passer soit par le Chambon soit par la route des Aymes.
L’Antiquité laisse peu de vestiges matériels dans une vallée aussi étroite et exposée aux crues, mais quelques indices montrent que le passage n’était pas inexistant dans l’ensemble de la haute Romanche : monnaies, petits objets ou traces d’occupation retrouvés çà et là montrent que ces reliefs n’étaient pas coupés du monde.
Le Dauphiné, et donc le territoire autour de Mizoën, feront partie de l’Empire romain pendant près de 440 ans. Les habitants vivent alors à l’écart des grandes villes, mais soumis aux mêmes cadres politiques et fiscaux que le reste de la province.