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La voie de l’Oisans et les “marrons”

📌 Informations
📅 Période

en 1412

📍 Lieu

Lieu inconnu

🧑 Auteur

admin

🔗 Source

Paul-Louis Rousset, Mémoires d’en haut

📝 Description

En octobre 1412, Guillaume de Challes, majordome du duc Amédée VIII de Savoie, traverse l’Oisans lors d’un déplacement officiel. Cet épisode, en apparence anecdotique, éclaire pourtant un aspect essentiel de l’histoire de Mizoën : le rôle stratégique des passages de montagne et de ceux qui les faisaient vivre. À cette époque, franchir l’Oisans n’est ni simple ni sûr. Les chemins sont escarpés, mal tracés, soumis aux intempéries, et les voyageurs dépendent largement des habitants des vallées pour progresser. Les archives mentionnent le recours à quatre « marrons », ces montagnards spécialisés dans l’accompagnement des voyageurs et le passage des chevaux en montagne. Pour leur aide et leurs frais, Guillaume de Challes leur verse six gros. Il est très probable que des hommes de Mizoën aient accompagné la petite troupe jusqu’à La Grave ou vers l’hospice de l’Oche, en empruntant la combe de Malaval. Les récits de voyageurs de la fin du Moyen Âge évoquent souvent la rudesse des haltes : logements pauvres, nourriture chère, insectes omniprésents. Cette économie du passage profitait néanmoins aux communautés locales. Dans les cas les plus difficiles, les voyageurs, et parfois même les dames, étaient transportés sur de véritables brancards de bois, portés par des hommes ou des bêtes. À travers Guillaume de Challes et les « marrons », Mizoën apparaît ainsi comme un maillon essentiel des routes alpines, où la géographie imposait des savoir-faire humains indispensables à la circulation entre les grands territoires.

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