📝 Description
Depuis le rachats de leurs droits, les Faranchins ont élu chaque année un consul pour administrer la commune. Voici le récit d'une de ces élections.
Le 7 janvier 1753, à la sortie de la messe, les chefs de famille de Villar d’Arène se rassemblèrent dans la maison de Jean Diaque, lieu habituel de réunion en hiver. Ce jour-là marquait la prise de fonction du nouveau consul, Simon Bret, élu l’été précédent pour un mandat d’un an. L’ancien consul lui remit le manteau rouge et le chaperon, symboles de l’autorité communale.
Une assemblée suivit pour attribuer les autres charges : secrétaire, champier et divers offices, reconduits ou confiés à d’autres selon les besoins. Les habitants se réunissaient ainsi une vingtaine de fois par an, parfois quarante, pratiquant une démocratie directe héritée du rachat de leur liberté au XIVe siècle.
Cette antique tradition prit fin avec la Révolution. Comme l’écrivit Jean Jaurès dans son Histoire socialiste de la Révolution française : « Dans le Dauphiné… quelques communautés de villages, éparpillées sur de froides cimes, pratiquaient une sorte de liberté primitive et rudimentaire. »